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2018 : Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis

Le Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis accueille des œuvres de Simone Baltaxé, œuvres peintes, et le touchant "carnet artisanal" qu’une jeune femme de vingt-quatre ans adresse à l’homme qu’elle aime.


Simone Baltaxé nait à Paris le 24 mai 1925 de parents russes émigrés. Son père dessine et façonne des bijoux, sa mère est brodeuse. Elle est baignée de culture française. Elle présente le concours des arts appliqués en 1940, suit les cours d’Élisa Lemonnier de la rue Duperré, puis ceux de Jean Souverbie, dans l’atelier d’art monumental de l’École des beaux-Arts. Elle fréquente la Maison de la pensée française où elle croise Elsa Triolet, Louis Aragon, Jean Lurçat et Jean Picart-Ledoux. De ses amitiés communistes, elle rencontre un jeune ingénieur libanais qui l’incite à s’engager plus activement. Elle rejoint le groupe de rédaction du journal artistique Trait, revue des étudiants des Beaux-arts où l’on trouve les signatures de Louis Aragon, Fernand Léger, Pablo Picasso et Paul Éluard.

Elle participe en 1950 aux marches de la Paix consécutives à l’Appel de Stockholm qui convergent vers Nice. Elle obtient cette année-là le prix Lefranc qui soutient les jeunes peintres. Elle suit son mari, ingénieur hydraulicien au Liban et expose régulièrement à partir de 1951 dans les galeries parisiennes, galerie La Demeure, galerie Bernheim et à Beyrouth. La fresque qu’elle réalise pour l’aéroport de Beyrouth disparaîtra pendant la guerre du Liban.

De 1962 à la fin des années 1970, elle réalise des cartons pour Georges Audi, maître lissier dans le village de Zouk Mikhaël, présentées dans divers lieux de Beyrouth. Le couple rentre en France en 1978. S’ouvre alors une nouvelle direction picturale qu’elle exposera des années 1980 à 2000.

La proposition de don de trois tableaux de Simone Baltaxé et d’un ensemble de dessins illustrant des poèmes de Paul Éluard rentre complètement dans l’esprit de nos collections d’art moderne réaliste post seconde guerre mondiale. Jean Rollin, journaliste, ancien conservateur du musée de Saint-Denis, relate l’exposition à la Galerie Bernheim en 1964.

« Je vois des hommes vrais, sensibles, bon, utiles Rejeter un fardeau plus mince que la mort Et dormir de joie au bruit du soleil". [dernière strophe du poème Nous sommes, premier poème du recueil Chanson complète, Gallimard, Paris, 1939].

« Ces vers de Paul Éluard figuraient sous le portrait du poète que ma mère avait dessiné à l’encre, resté longtemps accroché chez nous au-dessus d’un coffre damascène où était posé le téléphone. Il a disparu au cours de l’occupation de notre appartement par des squatteurs pendant la guerre du Liban, à la fin des années soixante-dix. », dit sa fille Elsa Martayan dans l’ouvrage La Vigie (Somogy éditions d’art, Paris 2017).

La grande huile sur toile Marché aux bestiaux, 1950, (97 x 195 cm) vient de rejoindre les collections du Musée nation d’Art moderne, Centre Georges Pompidou.

Notice de Sylvie Gonzalez, Directrice du Musée d’art et d’histoire de Saint-Denis


Le canal de l’Ourcq, huile sur toile, 40 x 55 cm, 1949

Cette toile vient compléter les collections du musée sur le paysage de banlieue. Il ne s’agit pas du canal de Saint-Denis, mais nous avons également des représentations du canal de l’Ourcq par Signac par exemple.


Jacqueline au tricot, huile sur toile, 80 x 60 cm


Groupe de femmes au marché Saint-Pierre, huile sur toile, 100 x 80 cm, 1949


Le musée d’art et d’histoire de Saint-Denis, qui possède un fonds Paul Éluard, accueille le "carnet artisanal" d’une jeune femme de 24 ans, composé de treize poèmes de Paul Éluard, dédicacé à Noubar : à celui que l’aime, j’illustre ces quelques poèmes. L’ensemble n’a pas été publié.

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