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L’espace de la tapisserie

Avec la tapisserie, elle s’installe dans un autre espace : une ou deux couleurs dominent dans un même nuancier, le matériau devient en soi dialogue. Elle flirte alors avec l’abstraction lyrique.

Sans doute est-ce avec la tapisserie qu’elle incarne le plus l’esprit, la vie d’un Liban chaleureux, innovant, lumineux tout en refusant l’imagerie traditionnelle et le cliché sentimental. Le bleu dominant du ciel est là, le rose des fleurs dans Rose de Chiraz, 1974 (n° 32) –, le jaune-orange de la lumière écrasante du pays dans Le Cèdre, 1965 (n° 36), dans un tourbillon de joie, d’espoir, de vie sont là, les lignes courbes d’un dôme, d’une arcade, d’une coupole, aussi, mais à peine suggérés, à peine évoqués.

Son art devient la synthèse de deux cultures : s’appuyant sur la tradition rigoureuse de l’artisan la créatrice se libère, s’allège et emporte sa composition dans une plus grande liberté stylistique.

Dès lors sa peinture s’installe aussi dans une plus grande abstraction, abstraction qui va dominer son travail lors de son retour à Paris. Rompue par la violence vécue les derniers temps au Liban, et désormais étrangère à ce qu’est devenu Paris, Simone s’attache surtout aux petits groupes de sportifs qui animent par moments les rues, aux légers équilibristes du cirque, symboles des fragilités humaines, trouvant là une synthèse entre mouvements et dynamique des corps dans une économie de tons.

C’est avec ses derniers travaux : maternité (nos 76-79, 91) ou portrait (nos 71-75, 82) qu’elle atteint la plus grande abstraction et la plus grande simplicité, s’attachant à un mouvement plus qu’à une forme, acceptant la finalité d’un simple trait pour résumer symbiose ou intériorité.


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